Les territoires francs au VIe siècle

Le VIe siècle en Gaule franque est marqué par les partages qui ont lieu à la mort de Clovis (511) puis à la mort de son fils Clotaire Ier, (561). Trois des fils de ce dernier se partagent le royaume franc : Sigebert : Royaume d’Austrasie (Reims, Metz et Paris), Chilpéric : Royaume de Neustrie (Soissons et Rouen), Gontran : Royaume d’Orléans incluant le territoire burgonde (Bourgogne) Brunehaut fille d’Athanagilde Ier, roi des Wisigoths, épouse Sigebert Ier, roi d’Austrasie au printemps 566. De ce mariage, nait entre autres Childebert en 570. Sa sœur, qui a épousé Chilpéric est assassinée par Frédégonde une concubine. Chilpéric se remarie avec cette même Frédégonde, ce qui  déclenche une guerre fratricide entre l’Austrasie et la Neustrie. Sigebert est fait assassiné par Chilpéric. Childebert est proclamé roi. En 576, Brunehaut épouse le fils de Chilpéric, Mérovée qui est fait tonsuré par son père puis ensuite assassiné (577).

Brunehaut rejoint son fils à Metz et  se heurte alors à une forte opposition des grands du royaume,: « Éloigne-toi de nous, femme… Maintenant, c’est ton fils qui règne… Éloigne-toi, pour que les sabots de nos chevaux ne t’écrasent pas sur leur passage. » (Grégoire de Tours).

À la mort de Gontran en 592, Childebert hérite comme prévu de la couronne de Burgondie (Bourgogne) et sa mère Brunehaut règne de fait sur l’Austrasie et sur la Burgondie. Childebert meurt en 596 laissant deux fils Thibert (ou Théodebert) en Austrasie et Thierry (ou Théodoric) en Burgondie.

Brunehaut est chargée de la régence et Epoisses, devient son fief. Le roi Théodoric 1er (Thierry), son petit-fils y vit également avec ses nombreuses maîtresses et enfants illégitimes, sous l’œil bien veillant de sa grand-mère. Clotaire II fils de Chilpéric fait exécuter deux des quatre arrière-petit-fils de Brunehaut (Sigebert II et Chramn). Le troisième, Childebert, s’enfuit et le dernier, Mérovée, est tonsuré puis enfermé dans un couvent colombanien. Il fait supplicier Brunehaut durant trois jours en la livrant aux exactions de son armée. Puis il la fait exposer nue sur le dos d’un chameau. Finalement, elle est attachée par les cheveux, un bras et une jambe à la queue d’un cheval indompté. Son corps brisé est ensuite brûlé. Ses restes sont apportés et enterrés à l’abbaye Saint-Martin d’Autun qu’elle avait fondée (fin de l’année 613)15. Il s’agissait autant d’une exécution que d’une mise à l’épreuve de la nature royale de Brunehilde : celle-ci, étant reine, avait commandement au nom de Dieu sur la nature et les animaux ; que le cheval n’en tînt pas compte devait prouver à tous que Dieu avait retiré son soutien à la reine, et que le royaume revenait bien à Clotaire.